Vergnies prit naissance à l’époque romaine :
on y a découvert grande quantité de pièces de monnaie aux effigies des empereurs Adrien et Antonin.
Le nom du village n’apparaît pourtant qu’en 1226.
Sous l’ancien régime, Vergnies appartenait à la terre et seigneurie de Barbençon érigée en principauté par les archiducs Albert et Isabelle en faveur de Robert de Lignes (1614). En 1678, cette seigneurie qui relevait de la prévôté de Maubeuge (France) fut cédée à la France par le Hainaut espagnol. C’est là l’origine de ce que l’on a appelé " l’enclave de Barbençon " (Barbençon, Boussu, Erpion, Vergnies), petit bout de territoire qui devait rester français malgré la signature, en 1699, de la convention de Lille, qui contraignait Louis XIV à se dessaisir d’un certain nombre de villages. Sous la Révolution française et l’Empire, Vergnies fit partie du département du Nord, arrondissement d’Avesnes. L’enclave passa ensuite au royaume des Pays-Bas (1813), après 137 ans de nationalité française, et cela, bien qu’aucun traité n’en fît mention. En 1831, les villageois, certainement choqués d’être ainsi " ballotés " par le pouvoir, adressèrent à Paris une pétition demandant le retour à la "mère-patrie". Mais ce ne fut qu’en 1889 que Vergnies devait perdre ses dernières attaches avec la France : il rejoignit enfin le diocèse de Tournai, après avoir été attribué par le Concordat à celui de Cambrai.
Après un passé aussi mouvementé, pas étonnant que les vestiges architecturaux soient aussi nombreux dans ce petit village. Vous ne pourrez pas rater, au départ de la ferme-château, la rue des Censes qui offre aux regards un résumé parfait de l’architecture du XVIIIème siècle, avec une grange de 1788, une impressionnante ferme tout en longueur composée de trois corps de bâtiments abritant respectivement le logis daté de 1772, une grange de 1730 et des étables de 1765.
Vergnies, c’est également le souvenir d’Emile Galet. Au n° 24 de la rue portant son nom, une plaque signale sa maison natale (en contrebas de l’église). Sa carrière est éloquente : école militaire, où il fut le condisciple du futur roi des Belges, et dont il sortit premier de sa promotion ; école de guerre, où il enseigna dès 1907 avec le grade de commandant. A partir de 1912, et durant toute la grande guerre, il fut aide de camp du Roi Albert 1er. Nommé commandant à l’école royale militaire en 1919 et chef d’état-major de l’armée en 1926, il publia plusieurs ouvrages.
Mais Vergnies est également le pays natal de François-Joseph Gossec,
célèbre compositeur et pédagogue (1734-1829+).
L’église Saint Martin de Vergnies est un pur joyau de l’art gothique hennuyer du XIVème siècle. Classée dès le 10 novembre 1941, l’église a bénéficié de plusieurs restaurations, notamment en 1937 et 1979. Vous êtes prêt pour les prémices de la découverte que vous ferez prochainement de visu ? Alors, allons-y ! La façade de la nef a été transformée et couronnée d’un clocheton à charpente ardoisée. L’intérieur distille une ambiance de
recueillement et de paix proche de celles des églises romanes. Sur la gauche, trois arcades de style gothique hennuyer séparent la nef du bas-côté nord ; tandis que sur la droite, vous admirez quatre arcs brisés en moëllons sur colonnes hennuyères. Trois fenêtres hautes en arc surbaissé, murées, témoignent de l’existence, à l’origine, d’un clair étage dans l’église médiévale. Le choeur est précédé d’un arc diaphragme en plein
cintre retombant sur des colonnes hennuyères engagées ; les voûtes sont en berceau lambrissé sur la nef et la chapelle nord (faux transept), et en demi-berceau sur les bas-côtés. Remarquerez-vous aussi les splendides boiseries du jubé et du banc de communion du XVIIIème siècle, ou encore l’autel de la Vierge en style renaissance enchâssant un tableau du Couronnement (XVIIème siècle) ? Mais la visite n’est pas finie, car l’église de Vergnies réserve également aux amateurs d’art et d’architecture d’autres surprises : le confessionnal Louis XV avec chronogramme (1773), deux crédences gothiques en pierre, des fonts baptismaux en pierre du XIIIème siècle, des statues en bois polychromé (saint Martin déchirant son manteau, et une Vierge à l’enfant). Des corbeaux et blochets sculptés représentant des anges et des apôtres, sur tout le bas-côté nord.