Le Karate dô est connu comme étant un art martial japonais. Cependant, l’origine est okinawaïenne (île de l’archipel des Ryukyu, au sud de l’île principale du Japon Kyushu). En japonais le kanji « kara » signifie le vide et plus précisément la vacuité au sens bouddhique du terme, « te » est la main ainsi que la technique que l’on réalise avec la main . On traduit littéralement par « La main vide ».
Où peut-on faire du karaté dans la région? |
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Présentation générale
Le karaté est basé sur des techniques de percussion utilisant l’ensemble des armes naturelles du corps (doigts, mains ouvertes et fermées, avants bras, pieds, tibias, coudes, genoux, tête, épaules...) en vue de bloquer les attaques adverses et/ou d’attaquer. Les techniques regroupent des parades, des esquives, des balayages, des projections et de clés. Des nuances de contenus techniques sont relativement marquées en fonction du style (shotokan, uechi ryu, wado ryu, shito ryu, goju ryu...).
Pour acquérir la maîtrise de ces techniques en combat, l’enseignement comporte trois domaines d’étude complémentaires : le kihon, les kata et le kumite.
Le kihon consiste à répéter individuellement et la plupart du temps en groupe des techniques, positions et déplacements. Pratiqué avec un partenaire de façon codifiée, on parle alors de kihon-kumite.
Le kata (qui signifie « forme ») est un enchaînement codifié et stéréotypé de techniques ayant pour but la formation du corps et l’acquisition d’automatismes, ainsi que la transmission de stratégies. Le kata déborde l’aspect purement technique en permettant au pratiquant, par de très nombreuses répétitions, de tendre vers la perfection du geste et surtout de faire l’expérience de l’esprit juste au sens spirituel du terme.
Le dernier domaine est le kumite ou combat. Littéralement cela signifie « grouper les mains », c’est-à-dire travailler en groupe et non plus tout seul. Cette notion de kumite peut prendre de multiples formes en karaté de la plus codifiée à la forme la plus libre. Le combat peut être pré-défini (kihon-kumite), fixé à un nombre d’attaque précis (ippon kumite pour une attaque, sambon kumite pour trois attaques...), dit souple (ju kumite), sans contact (kunde kumite) ou libre (jyu kumite).
Les origines de l’art
Bodhidharma et le temple de Shaolin
 Bodhidharma
En 480 ou 520, un moine nommé Bodhidharma quitta l’Inde pour s’installer dans le temple de Shaolin dans le Nord de la Chine. Durant 9 ans et devant un mur, il se livra à la méditation bouddhiste. Désolé du peu de résistance physique de ses élèves durant les exercices de méditation, il leur enseigna une série d’exercices physiques extrêmement durs axés sur la respiration sous le nom de Tach’Uan. Ce sont ces exercices, basés sur l’étude des animaux, qui sont considérés comme étant à l’origine de tous les arts martiaux et en particulier du kung-fu. D’ailleurs, le nom de certaines techniques et katas reprend encore aujourd’hui le nom d’animaux.
A son époque, le monastère de Shaolin acquit la réputation de former les plus redoutables guerriers de Chine grâce à l’association d’un entraînement physique et psychologique, ce qui représente véritablement les fondements des arts martiaux.
L’enseignement de ces techniques a été et est toujours secret. Sa diffusion a été possible lors de l’invasion du temple de Shaolin qui a forcé les moines à fuir dans toute la Chine et donc à diffuser ces techniques. De nos jours, beaucoup de styles se disent toujours d’inspiration de Shaolin ... Bodhidarma qui est le 28ème descendant de Bouddha et fondateur du Chan ... diffusa le bouddhisme en Chine. Le "Chan" est la traduction du Zen en chinois...
Pour comprendre la naissance des arts martiaux, il faut garder à l’esprit que tout s’est fait constamment sur base d’échanges avec la Chine, en mélangeant de manière permanente les exercices physiques et la philosophie.
De la Chine à Okinawa
 Okinawa
Après avoir été importé de Chine, le karaté a été développé et perfectionné à Okinawa. Les plus grands experts (dont Funakoshi) proviennent d’Okinawa qui est une île située au sud du Japon. C’est à ce titre que le karaté est considéré comme un art martial d’Okinawa.
Il n’y a pas de trace écrite de la transmission de ces techniques à Okinawa qui est considéré comme le berceau du karaté tel qu’il est pratiqué aujourd’hui. Mais ce dont on est sûr c’est que ces techniques ont été apportées par les Chinois qui se sont installés sur l’île d’Okinawa.
Pourquoi est-ce que le karaté s’est développé sans armes ? En 1409, le roi Sho Hashi a unifié les territoires d’Okinawa et interdit la possession et l’usage des armes par crainte des révoltes populaires. 200 ans plus tard, soit en 1609, les armes ont à nouveau été confisquées par le gouvernement japonais. Cette interdiction a contraint les habitants à développer un mode de combat afin de pouvoir repousser les envahisseurs "à mains nues".
Pour ces raisons, les habitants d’Okinawa ont adapté les méthodes de combat chinoises reprises sous le nom de Okinawa-Te en développant des techniques de combat à mains nues (sans armes). Te signifiant "mains", Okinawa-Te signifiait donc les techniques de combat à mains nues d’Okinawa.
Les facteurs de développement du karate
De nombreux facteurs ont permis le développement du karate (initialement "To De" ou encore plus simplement appelé "De" par les okinawaïens) :
Les nombreux échanges commerciaux entre Okinawa et la Chine ainsi que le lien de vassalité qui reliait les rois d’Okinawa à la Dynastie chinoise ; de ce fait, de nombreux habitants de l’île sont partis étudier un art martial chinois, puis, de retour, l’ont adapté.
L’installation sur l’île d’Okinawa de 36 familles chinoises dans le but de faciliter les échanges culturels et commerciaux entre cette île et la Chine ;
Le karate s’est sans doute également développé sur l’île d’Okinawa en réaction à l’interdiction faite par les Japonais aux okinawaiens de porter et de posséder des armes (après l’annexion au XVIè siècle de l’archipel par le Japon et l’installation du clan Satsuma). Ainsi, les Okinawaiens utilisèrent leurs mains en guise d’armes.
Deux grands courants sont apparus liés aux deux principales villes d’Okinawa : Shuri (—> shuri-te) et Naha (—> naha-te). Un troisième courant (—> tomari-te) s’est également développé, combinant certaines techniques des 2 précédents, s’expliquant en partie du fait de la situation géographique de sa ville d’origine, Tomari, située entre Shuri et Naha.
Entre le XVIIIe et le XXe siècle, du fait que la pratique de cet art était interdite par l’occupant japonais, les cours avaient lieu en secret, de nuit dans des jardins fermés.
 Funakoshi, né en 1869, il est initié aux arts martiaux à l’âge de onze ans par les meilleurs maîtres de l’île d’Okinawa.
C’est Maître Funakoshi qui introduisit le karaté en 1922 sur l’archipel nippon en réalisant une démonstration devant l’empereur du Japon. Il est considéré aujourd’hui comme le père du karaté moderne.
Ce fût Chojun Miyagi, le père fondateur du Goju-ryu, qui se présenta le premier à l’examen officiel de Maître Bushido devant les autorités du Dai Nippon Butokukai, organisme d’Etat japonais créé dans le but de contrôler tous les arts martiaux du pays. C’était la première fois qu’un Maître de karaté faisait cette démarche. Il obtint le titre de Kyoshi, le plus haut titre qui sera jamais donné à l’époque à un Maître de Karaté présentant cet examen. Grâce à lui, cet art martial faisait, en 1935, sa véritable entrée dans le Budo japonais.
Le développement des techniques du karaté et leur enseignement s’est fait aussi grâce à des maîtres tels que Sokon Matsumura (1809-1901) et Anko Itosu (1832-1916). Ce dernier a véritablement développé une véritable pédagogie du karaté Shotokan-ryu, créant les 5 premiers kata de base (Pinan shodan, Pinan nidan, Pinan sandan, Pinan yodan, Pinan godan), à partir d’un kata d’origine, très long : kosokun dai (ou kushanku dai ou encore, kanku dai en japonais).
En parallèle du karaté s’est développé le Kobudo (combat avec des outils agraires faisant office d’armes : tonfa, nunchaku, bo, jo...).
Comment s’est développé le kobudo ?
L’interdiction d’utiliser des armes à l’époque a été contournée par l’utilisation d’outils agricoles traditionnels. C’est ainsi qu’on retrouve parmi les armes traditionnelles d’Okinawa : le Bô (le bâton de l’éleveur), le nunchaku (utilisé pour battre le blé), le saï (sorte de fourche pour manipuler les bottes de foin), le tonfa (manche de meule) ...
La signification du mot "karaté"
Comme on l’a vu plus haut, le karaté provient de la Chine. C’est là en effet que beaucoup de japonais allaient pour s’entraîner à la boxe chinoise. A leur retour au Japon, cette boxe chinoise était connue sous le nom d’Okinawa-te. Au début du 20ème siècle, le mot Okinawa-Te a été remplacé par le Karaté-Jutsu.
1ère signification du mot Kara : "qui vient de Chine" L’idéogramme utilisé pour écrire le mot "Kara" signifie "ce qui vient de l’étranger et plus particulièrement de la Chine", ce qui pourrait se traduire par "les arts chinois de la main".
2ème signification du mot Kara : "vide" En 1932, un nouveau style de karaté est apparu. Pour faire la distinction entre ce nouveau style de karaté et l’ancien "chinois", les Japonais ont décidé de prendre un idéogramme qui se prononçait de la même façon (Kara) mais signifiant "le Vide" pour donner finalement le nom que l’on utilise aujourd’hui à savoir "l’art des mains vides", l’art du combat à mains nues, sans armes...
Histoire de Maître Funakoshi
Né en 1868 Senseï Funakoshi vécut dans le district de Yamakawa-Chô sur l’Ile d’Okinawa. L’ère Meiji débutait, l’homme était alors très cultivé et de surcroît poète. Sensible au code moral de ses ancêtres il observait rigoureusement les interdits d’autrefois, et considérait aux vues de ces principes que le Samouraï se doit en toute occasion de renvoyer une image impeccable.
Chaque matin, le Maître se prosternait dans un profond respect vers le Palais Impérial, et accomplissait le même cérémonial en se tournant vers Okinawa. De constitution plutôt fragile, même maladive, ses parents lui firent étudier le Karaté afin de surmonter ses faiblesses. Dès lors une lente alchimie améliora considérablement sa frêle santé. Cela le décida à s’investir durablement dans l’art de la " main vide ". Ami d’un élève de sa classe, fils de Yasutsune Azato, il devint l’élève d’un des plus grands experts du karaté d’Okinawa.
Le Maître Gichin FUNAKOSHI est considéré comme le fondateur du karaté moderne.
Avant de s’éteindre en 1957, il forma de nombreux élèves : Obata, Okuyama, Egami, Harada, Hironishi, Takagi, Ohshima, Nakayama, Nishiyama, Kase.
Source : Wikipédia |