Annick et René Forthomme sont des grands-parents heureux ; à chaque moment de la journée, ils peuvent se replonger dans leur jeunesse en écoutant des chansons de Bourvil.
 Cyril dans son musée
Pourquoi justement Bourvil et pas Fernandel ou autre Charles Trenet ?
Tout simplement parce que leur petit-fils, Cyril, âgé de 12ans, est fan de Bourvil.
Elève en 1e secondaire en sciences économiques à l’athénée royal de Philippeville, Cyril tient de son arrière-grand-père Henri Beltus : il aime rire, il aime chanter, il aime raconter !
Ainsi, c’est lui qui, lors de notre entretien, a eu le plus souvent le « crachoir ».
En visionnant en l’an 2000 « la bonne planque » où Bourvil joue un des rôles principaux, il a eu le « coup de foudre » pour cet acteur et chanteur irremplaçable.
Il a donc appris ses chansons et les a même interprété en plusieurs endroits : Charleroi, Walcourt, Clermont, Boussu, Froidchapelle, Profondeville, Marchienne, Thy-le-Château,...
C’est ainsi que lui est venu l’idée de constituer un petit musée dans une partie de l’habitation de ses grands-parents.
En juillet 2002, il a même passé ses vacances avec ses parents en Normandie et rencontré, à Bourville, la sœur de Bourvil, Denise Raimbourg.
Et, quand on demande à ce jeune quelle est sa passion, il répond tout de go : Bourvil.
Signalons que Cyril poursuit des études de chant, de solfège et de diction à Music-Loisirs, à Pry, et que les timbres-poste l’intéressent.
C’est l’piston
Qu’est ce qui m’a donné l’âme d’un artiste ? C’est l’piston !
C’est avec cette magnifique chanson que nous avons été accueillis dans l’antre de Cyril : un véritable musée.
On y trouve du Bourvil, rien que du Bourvil.
Jugez-en : une bonne quinzaine de disques ; près de trente cassettes ; des anciennes affiches de cinéma ; des photos ; des C.D. ; des magazines ; les instruments de musique préférés de l’artiste ; et, pardonnez du peu : un autographe.
Mais où Cyril a-t-il bien pu faire ces acquisitions ?
Quand il en a le temps, avec ses grands-parents ou parents, il se rend dans des brocantes ou dans des foires d’échange et y fouille jusqu’au moment où il découvre !
De plus, il est en relation avec Pascal Delmotte de Binche qui gère le patrimoine de Bourvil en Belgique.
Et si on demande à ce jeune fan si son musée lui est personnel, il répond sans hésiter :
"Quiconque veut le voir peut venir ; les portes sont grandes ouvertes. Et, en plus, je lui interpréterai une chanson ...de Bourvil !"
Bravo, Cyril ; continue à préserver le patrimoine musical de tes aïeux !
| Bourvil | Bourvil, de son vrai nom, André Raimbourg, était né le 27 juillet 1917. Orphelin de père- tué pendant la guerre 14-18-, il fut élevé par sa mère à Pretôt-Vicquemare.
Sa mère décide ensuite de revenir dans son village natal « Bourville ».
Nanti de son certificat d’études, André ne rêve que de chanter, jouer de la musique et faire le pitre. Il s’en va jouer de l’harmonica, de l’accordéon, du cornet à piston au sein de la fanfare du chef-lieu du canton.
Il cherche un métier et devient mitron. Il monte à Rouen comme boulanger et s’inscrit dans l’harmonie municipale.
 La bonne planque
A 20ans, il s’engage dans la clique du 24e régiment d’infanterie à Paris ; il y joue du piston, du clairon, de la trompette.
En 1938, André Raimbourg, pantalon et veste étriquée, frange blondinette rabattue sur le front, chante Fernandel.
Mais le temps passe : la guerre, la débâcle. Il retrouve un autre compère, Etienne Lorin, un passionné pour l’accordéon.
Ils montent à Paris. André y fait tous les métiers : cireur de parquets, plombier, garçon de courses, ...Il écrit des monologues, des textes, des chansons.
Etienne, son ami, décroche une place comme accompagnateur de la grande vedette « Bordas ». Il réussit à faire engager André comme second accordéoniste.
Un peu plus tard, un patron de cabaret l’engage pour animer son établissement : c’est le triomphe. L’information fait boule de neige.
André décide de changer de nom et prend celui de son village « Bourvil ».
Il va de gala en gala et, en 1944, il est reçu à la SACEM. On se dispute ses prestations. C’est la gloire.
Et, plus tard, ce sera le cinéma.
En 1968, il apprend qu’il est atteint de la maladie de Kähler, qui s’attaque à sa moelle osseuse. Il décède en 1970, à l’âge de 53 ans. |
Ch.CLOCHERIEUX
Article paru dans le journal Vers l’Avenir du 17 février 2004 |